Coutu, Maurice

Hommage à… – Maurice Coutu, 1906-1975

Musicien émérite et organisateur hors pair

Maurice Coutu a donné toute sa vie à l’avancement de la musique et de la culture, ainsi qu’à celle de sa Cité. On le reconnaît comme
co-fondateur et secrétaire-trésorier de l’Union musicale de Shawinigan.

Maurice Coutu est le fils de Pierre et Aurore Hébert. Natif de Shawinigan, il voit le jour le 3 mars 1906. De son mariage en 1928 avec
Yvonne Hébert, fille de Napoléon et Délima Lafrenière, naîtront 10 enfants : Gabrielle, Gertrude, André, Jean-Pierre, Paul-Maurice,
Madeleine, Cécile, Louise, Denis et Danielle. Il décède le 18 juillet 1975. à l’âge de 69 ans à l’Hôpital Saint-Joseph de Trois-Rivières.

LE MUSICIEN ÉMÉRITE

Il fréquente le Collège Immaculée-Conception (C.I.C.) de Shawinigan lorsqu’il découvre à l’âge de 9 ans son premier instrument de musique :
un Bugle de marque Besson. Il développera une vraie passion pour le cornet. Pendant une cinquantaine d’année il sera artiste invité comme
cornettiste ou trompettiste lors de 54 concerts. C’est ainsi qu’il jouera dans des solos, des duos, des trios, des quatuors, autant à
Shawinigan qu’à l’extérieur.

Quel âge a-t-il en septembre 1924, lorsqu’il fonde l’Union musicale de Shawinigan en compagnie d’un autre jeune passionné de la belle
musique du nom de Philippe Filion (1905-1995)? Réponse : 18 ans et demi. D’abord vice-président au cours des 4 premières années (1924-1928),
il assume ensuite la présidence pendant 2 ans (1928-1930) et le poste de secrétaire-trésorier pendant les 45 années suivantes. Paul-Émile
Bourassa, le gardien actuel des archives de l’Union musicale de Shawinigan, révélera que monsieur Coutu a rédigé 887 procès-verbaux,
consignés dans 6 volumes, totalisant 1 636 pages.

Maurice Coutu a voué une amitié sincère aux jeunes et il s’y est dépensé sans limite. Dès 1953 et jusqu’en 1975, il organise à chaque année
des concours instrumentaux à l’intention des jeunes musiciens du Québec âgés de 13 à 18 ans. De 1957 à 1975, c’est encore lui qui met sur
pied une école de musique à Shawinigan afin d’assurer une relève à au groupe musical. Au cours de la dite période, 86 concerts éducatifs
seront présentés dans les différentes écoles du grand Shawinigan.

L’ORGANISATEUR HORS PAIR

Qui ne se souvient pas des concerts en plein air du mardi soir présentés par l’Union musicale en alternance au parc St-Maurice et au parc
St-Marc (maintenant Antoine-St-Onge) ou du concert annuel présentant des artistes invités de grande renommée?

L’Union musicale joint les rangs de l’Association des Fanfares Amateurs de la Province de Québec en 1930. Maurice Coutu assume la présidence
de l’Association de 1937 à 1941 et occupe la fonction de secrétaire-trésorier sans interruption de 1941 à 1975. Il organise 35 festivals
dans 21 villes du Québec. Par trois fois (1936, 1951 et 1960), Shawinigan sera l’hôte du prestigieux concours.

Que dire de cette explosion des corps de tambours et clairons au Québec? De 1951 à 1970, Maurice Coutu devient le plus grand organisateur
des compétitions musicales, tenues lors de la Fête du Travail et de la Course internationale de canots. Il attire au cours des ans pas moins
de 154 de ces corps musicaux. N’a-t-il pas été président du chapitre québécois de la Canadian Drum Corps Association de 1964 à 1966?

LE FONCTIONNAIRE MUNICIPAL

Fort de l’expérience acquise dans le travail de bureau à l’Alcan et à la C.I.L., il fait son entrée au service de la Ville à titre de
paiemaître (1936-1958) et est ensuite promu directeur du personnel (1958-1971).

Le Conseil de ville le désigne à la fonction d’organisateur du programme du jubilée d’or de la Ville en 1951. Les manifestations se
dérouleront au cours de 6 mois d’intenses activités.

Enfin, soulignons ses responsabilités de président de la nouvelle commission touristique en 1954 et son rôle de commissaire industriel
de 1965 à sa retraite en 1971.

LE MENEUR

Laissons l’archiviste de l’Union musicale, monsieur Paul-Émile Bourassa, nous décrire le meneur d’hommes que fut Maurice Coutu :
« Héritant d’une robuste constitution, il fut un organisateur rusé, un redoutable stratège. Pourtant, quand on le rencontrait, on était
surpris de se trouver devant un petit homme, rondouillard, jovial. Il était d’un accueil chaleureux, toujours très poli. Volubile,
s’exprimant bien, avec calme, il avait appris à manipuler la plume de comptable comme celle de l’écriture avec beaucoup d’autorité et
de précision. C’était un homme méticuleux qui montait de beaux dossiers. Il acceptait difficilement d’être contrarié. Il fallait une
énergie et une capacité à toute épreuve pour franchir les obstacles rencontrés sur son chemin. »