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julienhoude.jpgJulien Houde voit le jour à St-Prosper. Fils de M Arthur Houde et Rose-Anna Frigon.
Sa famille une fille Blandine et lui, Julien.
Premières études primaires au village St-Prosper.
Il a commencé à 5 ans, car il accompagnait son voisin de six ans à l’école où il y avait des classes à divisions multiples.

La famille déménage à Shawinigan en 1924, dans la paroisse St-Bernard, sur la 3e rue.
Son primaire commence donc officiellement à Shawinigan.
Son père, un jobber qui faisait chantier tous les hivers avec Bob Grant, un monsieur avec de très belles qualités.

Les classes élémentaires se font à l’école Immaculée Conception jusqu’à la 6e année.

En 7e  année il est pensionnaire  à Pointe du Lac au (Juvénat et  scolasticat)  pour une période de 5 ans.

 En 1935-1936, à l’âge de 17 ans, il débute dans l’enseignement à Trois Rivières  à l’école St-Paul dans le secteur Ste Cécile, dans une classe de 7e  pour une période de 3 ans.

Ensuite, on le  retrouve à Québec à l’école Montcalm paroisse Notre-Dame du Chemin.
Pour 3 ou 4 ans, il enseigne à l’élémentaire. Il est titulaire et couvre toutes les matières.

De Québec, il est muté à Plessisville, où les Frères prenaient la paroisse en main. Il enseigne en 8e et 9e  années durant 3 ans.
Ensuite il revient  à Québec à Montcalm  en 8-9D

Pendant la période estivale c’était l’occasion de poursuivre les études soient à l’Université de Montréal où tous les membres de la communauté étaient inscrits ou bien dans des sessions de formations locales qui se donnaient au collège Sacré-Cœur de Grand-Mère.

On l’envoi en formation à Plattsburgh pour parfaire son anglais. Il enseignera dans une école multi ethnique durant deux ans.

À 33 ans, en 1950, il quitte la communauté  pour devenir professeur laïc.
Il s’installe à Shawinigan.
Il se marie à Thérèse Béland le 10 juin.1951 à l’église St Sauveur de Shawinigan-Sud. Ils élèveront  deux filles, Nicole et Lise. Aujourd’hui, la famille s’est agrandie de petits-enfants et d’arrières petits-enfants.

C’est au niveau secondaire qu’il enseignera le plus longtemps soit 23 années.

À la recherche d’emploi, il applique à l’école technique de Shawinigan et à Montréal ainsi qu’à la Commission scolaire. Sur recommandation de son père, il entre à l’école technique de Trois-Rivières pendant 2 ans.
Il revient à Shawinigan à l’école technique sous la direction de M.Gordon Crutchfield.
Il enseignera 10 ans dans les écoles techniques de Trois-Rivières et de Shawinigan.Il enseignera presque toutes les matières académiques.

En 1958, il devient inspecteur d’école…dans la vallée du Richelieu jusqu’à la frontière des États-Unis. Ensuite, dans la même fonction, il revient dans la région de la Mauricie pour couvrir le territoire jusqu’à Ste Anne-de-la-Pérade.
Il sera inspecteur durant 7 ans jusqu’en 1965.

Il a été également professeur au Centre des Études Universitaires de Trois-Rivières et à l’école Normale Maurice Duplessis.

Nous sommes durant la période de centralisation du cours secondaire. Il est inspecteur d’école et au Ministère de la Jeunesse. On se prépare pour le réseau des polyvalentes. On cherchait à séparer le clergé des écoles.

En 1962 il se joint à l’équipe « Opération 55 » et ses 80  conseillers en organisation scolaire afin de mettre sur pied les commissions scolaires régionales à travers le Québec.

"...D'abord, un peu d'histoire. Au début des années 60, il y avait au Québec 1 600 commissions scolaires, la plupart responsables de seulement quelques centaines d'écoliers. Toutes petites, elles n'avaient pas les moyens de mettre sur pied le réseau d'écoles secondaires qu'allait exiger la démocratisation de l'enseignement. Le ministre de l'Éducation Paul Gérin-Lajoie lança donc l'Opération 55, visant la création de 55 commissions scolaires régionales auxquelles les commissions scolaires locales allaient déléguer la responsabilité de l'enseignement secondaire...."

1965, il est nommé Directeur général  de la Régionale de la Mauricie. Considérée parmi les cinq (5) plus grandes commissions scolaires en superficie, la Régionale s’étend de Parent (Haute-Mauricie) jusqu’à Mont-Carmel sur une distance de plus de 250 milles de long et de Notre-Dame des Anges jusqu’à St-Alexis des Monts sur une largeur de 100 milles. Ce territoire est réparti en cinq secteurs géographiques : Haut-St Maurice, Normandie, Grand-Mère, Shawinigan et Val-Mauricie.

En 1971, il passe à l’Éducation des adultes pour quatre années.

Après le mandat de  M. Gilles Thibeault, le 8 juillet 1976, il revient au poste de directeur général de la Commission Scolaire de la Mauricie. Le Centre administratif se trouve à ce moment à l’école Notre-Dame dans le secteur Shawinigan Sud. Le transfert du centre administratif à l’école St-Jacques de la rue Gignac est une de ses belles réalisations.

En octobre 1977, avec regret, il vend le vieil édifice de l’école Technique à la ville de Shawinigan qui le démolira en 1978.

En 1982, à l’âge de 65 ans, il prend sa retraite, après 17 ans au sein de la CSRM, et un total de 46 ans en éducation. Au mois d’août 1982, une grande fête fut organisée à l’Auberge Grand-Mère pour lui rendre hommage.
 
Voici que disais de lui un de ses collègues de travail.

« Voilà un homme qui par son travail, son dynamisme, sa compétence, son extraordinaire capacité de production de toutes sortes, a marqué de son sceau personnel toute la vie globale de la CSRM.
Je me réjouis d’être allé à son école car depuis ’65, je demeure le seul pionnier avec mon doyen à être encore en poste.
Toutes les instances de la régionale, des écoles, lui doivent beaucoup.
Je lui souhaite, en votre nom, une retraite paisible où il lui sera possible de réaliser tous les rêves qu’il n’a pu réaliser, ayant consacré ses meilleures années à l’enseignement, à l’éducation et à l’administration.
Il quitte une belle grande fille ( l’équipe) qui lui sera redevable encore longtemps.
Les souvenirs qu’il nous laisse dans les sillons du paquebot mauricien depuis 18 ans, ne s’estomperont pas de sitôt dans notre mémoire.
La CSRM perd un solide pilier en éducation et comme administrateur.
Le défi sera de taille pour celui qui prendra la relève d’un tel capitaine »

Raoul Maillet 29 mars 1982. Le Maillon, Vol. 7 no 27
Pavillon Champagnat, Polyvalente Félix-Leclerc, La Tuque.

Il ne resta pas à ne rien faire.
Pendant 5 ou 6 ans, il dispensera des cours en développement du travail intellectuel à l’UQTR .
Toujours étudier… et se perfectionner pour apprendre. Il suivra des cours à l’UQTR. Il aimera particulièrement la philosophie avec le professeur  Alexis Klimov.

Avec sa famille, sa femme, ses deux filles et les 4 petits enfants il a coulé une douce retraite en étant fidèle à ses convictions religieuses. Souvent, il aimait se retrouver dans son espace nature du côté de St-Étienne.

Le 20 mai 1980, dans un rapport de fin d’année voici comment il exprimait sa passion pour son travail.

 « Tu dois penser l’existence de la C.S.R.M. comme tu considères le cas de ta propre vie personnelle. Tu sais, que tu vas mourir. Tu ignores s’il t’en reste plus long que le chemin déjà parcouru. Tu sais que tu es condamné un bon jour à tout flanquer là, d’impuissances, ou d’une façon accidentelle et pourtant et pourtant…il n’y a qu’un moyen de passer au travers de la vie…en se donnant l’état d’esprit de celui qui ne veut jamais mourir. »
Julien Houde
 


Lors des funérailles de M. Julien Houde
Église Saint-Sauveur
Shawinigan Sud

Mardi 20 octobre 2009.
14 heures.

Préambule.

« Dans l’ombre de l’âge et dans la solitude du temps
Un personnage est parti tranquillement
Dans son pèlerinage, il avait marché 91 ans. » AJB

Il ne faut pas connaître beaucoup l’histoire pour voir que tout passe. Les civilisations, les institutions, les associations et les personnes d’action. Et, chacun d’entre nous nous laissons une trace dans notre parcours.

Et, dans nos traditions locales, notre histoire personnelle, dans ce bref espace temps, le graveur de pierres tombales, résume notre vie d’un petit trait d’union entre deux dates, notre naissance et notre mort.

Permettez que je fasse le focus sur ce trait d’union pour un peu illustrer tout ce qu’il cache dans la vie d’un homme modeste qui a sa façon a changer des gens et des choses dans le monde de l’éducation.

« Ceux qui ont vécu dans les dignités et dans les places relevées, ne sont pas les seuls d’entre les mortels dont la mémoire doit être honorée par des éloges publics, Avoir mérité les dignités et les avoir refusées, c’est une nouvelle espèce de dignité qui mérite d’être célébrée par toutes sortes d’honneurs ; et comme l’univers n’a rien de plus grand que les grands hommes modestes, c’est principalement en leur faveur, et pour conserver leurs vertus, qu’il faut épuiser toutes sortes de louanges. »

Bossuet 1693, lors de l’éloge funèbre de Nicolas Cornet.



Merci Monsieur Julien Houde pour tout ce que vous avez laissé pour améliorer le monde de l’éducation.

Au revoir.

André-Jean Bordeleau.

* Lorsque vous verrez une pierre tombale…essayez d’imaginer tout ce qui se cache dans ce petit trait d’union entre deux dates.

Source: archives de Monsieur Houde
Recherche: André-Jean Bordeleau.


Date de création : 06/12/2015 @ 21:04
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