Vous êtes ici :   Accueil » Ayotte, Léo (1909-1976)
 
 
 
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Il s’agit probablement de l’un des paysagistes d’origine canadienne les plus fascinants. Talentueux et persévérant, mais affligé de mauvaises habitudes, Léo Ayotte était un homme élégant et raffiné et d’une générosité sans borne bien qu’issu d’un milieu modeste. Né au Québec en 1909, à Sainte-Flore, dans une famille fort travailleuse, son père était ébéniste de profession et sa mère veillait au foyer. Malgré leurs modestes moyens, ses parents cherchaient à lui assurer une bonne éducation et l’encouragèrent à poursuivre ses études. Il étudia à l'école du séminaire de Nicolet, mais abandonna après une beuverie durant l’été avec les prêtres du coin.

C’est l’époque où il commença à écrire de la poésie. Il avait tant de talent pour l'écriture qu’il aurait facilement pu en faire une carrière, mais rien ne l’intéressait plus que le dessin. Il s'isolait du reste du monde pendant des jours dans les bois pour observer et dessiner d’après nature, comme mû par le besoin de reproduire la beauté avant que la civilisation ne la détruise.

À 38 ans, il se retrouva au chômage et sans le sou. En 1938, il commença à poser en tant que modèle pour l’École des beaux-arts et pour le Musée des beaux-arts. Il aimait l’atmosphère qui régnait dans l'École et proposa ses services en tant qu’homme à tout faire au directeur, Charles Maillard. Ne pouvant pas payer les frais de scolarité, il exploitait au maximum son poste et dressait l’oreille lors des cours de maîtres comme Charpentier, Saint-Charles, Félix et Constantineau qui lui vouaient d’ailleurs une grande estime en tant qu'individu comme en tant qu’artiste. Il savait au plus profond de lui-même que son destin était d’être peintre, et avait du mal à accepter que bien des étudiants privilégiés perdent leur temps en classe ou jettent des tubes de peinture à moitié entamés. Soucieux de ne jamais rien gaspiller, il récolta ces tubes pour se constituer une première palette et peindre ainsi ses premières toiles.

Maintenant montréalais, il arpentait le Mont-Royal pour représenter le paysage alentour. Solitaire, il peignait à toute heure et s’efforçait sans relâche de perfectionner sa technique et de développer son style qui évolua lentement et progressivement. Il s’installa dans un atelier situé au 4076, rue Saint-Christophe et ouvert au public et y organisa des expositions qui attirèrent les collectionneurs de tous horizons et lui permirent de vivre de son art. Sa réputation de peintre prolifique et éclectique lui donna la possibilité d’exposer dans des lieux prestigieux partout dans la province de Québec.

Malgré sa réussite apparente, Léo Ayotte luttait sans cesse contre l'alcoolisme et cessait souvent de peindre en période de rechute. En 1962, il se rendit en Europe, où plusieurs des expériences qu’il y vécut l’amenèrent à se renouveler, tant comme être humain que comme artiste créateur. À son retour, ses toiles furent saluées par la critique et il continua de peindre d’arrache-pied et d’exposer. Il était célèbre pour sa formule « Je ne parle pas de peinture… j’en fais! ». Sa dernière exposition eut lieu en novembre 1976. À la fin de ses jours, il lutta contre la maladie. Il se rendit aux États-Unis pour y faire soigner son cancer, mais finit par succomber en 1976. Il a vécu sa vie pleinement et sa passion se reflète dans les toiles qu'il nous a léguées en précieux héritage. Considéré comme l’un des plus grands peintres de sa génération, ses œuvres figurent dans les collections de Charles de Gaulle et d’Indira Gandhi.

Source :  Galerie 2000


Date de création : 05/12/2015 @ 15:13
Catégorie : Mémoires Revisitées - En hommage à ...