Vous êtes ici :   Accueil » Grenier, Élie (1871-1959)
 
 
 
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Généalogie

Pionnier, propriétaire foncier et industriel

elie_grenier.jpgÉlie Grenier est né en 1871 à St-Boniface. Il est le fils d’Élie et Hermine Lafrenière, fille d’Antoine et de Julie Tousignant.

Il se marie à St-Sévère le 2 janvier 1901 à Énédia (Lédia) Boisvert, fille de Claude et Émélie Blais. Le couple aura neuf enfants.

Nous pouvons facilement reculer aux années 1860 pour retracer les fils de Joseph Grenier et Julie Lemaître-Auger, le grand-père d’Élie, dans la paroisse de St-Boniface-de-Shawinigan. Ses fils Joseph, Dolphis, Trefflé et Élie peuplent le jeune territoire.

Vers 1880. les Grenier occupent une section connue sous le nom de « La Réserve » dans la future Baie-de-Shawinigan. Cette expression « la réserve » était utilisé par les fonctionnaires du gouvernement de l’Union et les arpenteurs, comme signifiant une zone réservée à l’industrie. Ayant modifié la vocation des dites terres sous la Confédération, on les met en vente, et les Grenier furent parmi les acheteurs.

Dans l’excellent volume de Cyrille Gélinas « Histoire de Baie-de-Shawinigan », il est abondamment question de plusieurs familles Grenier, dont celles des frères Adolphe, Joseph et Trefflé Grenier. Pour sa part, Élie (p.48) est qualifié de gros cultivateur qui en mène large dans le 1er Rang de Shawinigan et dont les demandes tatillonnes et répétées sur tout et sur rien animent d’orageuses réunions au conseil municipal de Saint-Flore et à la commission scolaire de l’endroit. Il se porte acquéreur du lot 3 Rang B, le 11 décembre 1883. Il destine cette terre à son fils Joseph. Plus loin, l’auteur nous dit que Élie a le nez fin en affaires. C’est ainsi qu’il échange une terre voisine contre le lot 623 de Joseph Grenier. Qu’en fera Élie? Il refilera des parties de terrain à Joseph-Edmond Thibaudeau pour la construction de l’aqueduc de la Baie et l’érection en 1903 par celui-ci d’une centrale électrique sur la rivière Shawinigan. Une autre section deviendra le centre de ski Mont-Georges. Parmi les autres transactions foncières célèbres, énumérons la vente de parcelles de terrains pour le passage du train du Grand Nord vers 1898, la construction d’immeubles à logements multiples sur le boulevard Pie XII à la Baie afin d’accueillir les ouvriers des chantiers de construction des centrales de la Shawinigan Water, de la Belgo et de l’Alcan, etc, etc. L’auteur Cyrille Gélinas rapporte à la page 61 qu’entre 1898 et 1908, les frères Grenier encaissèrent plus de 6 000$­­­­­ chacun dans ces transactions immobilières (comparé au salaire annuel de moins de 700$­­­­­ pour un ouvrier non spécialisé de l’époque).

Nous retrouvons la famille d’Élie Grenier fils, avant 1909 à la « Mission Glenada1 », avenue de la Montagne, vers la carrière de pierre, tout près du Domaine du Havre. En 1909, Élie entreprend la construction d’une maison. Elle n’est pas terminée quand Énédia, sur le point d’accoucher, demande de balayer la ripe (scieures de bois) du plancher. Elle s’installe et donne naissance à Marie-Rose. Mère et fille étrennent la maison neuve.

ÉLIE GRENIER ET LA CARRIÈRE DE PIERRE

L’exploitation de la carrière de pierre de la rue de la Montagne par Élie Grenier débute modestement en 1911. Avec son fils Sylvio, il transporte ses pierres en « banneau » et la livraison est difficile. Vers 1919 et les années suivantes, le commerce prend de l’expansion. Tous ses garçons ont travaillé à la carrière jusqu’en 1939.

Père et fils vendent des tonnes de pierre : pierre à solage (assise de maison), pierre à chemin, pierre à maison et foyer. Les usines et la ville de Shawinigan en plein essor achètent de grandes quantités de pierres au prix de 1,25$­­­­­ la tonne.

Édouard (1916-1973) fait de 28 à 30 voyages par jour à la ville en parcourant environ 3 kilomètres. Le camion ne revient jamais vide, car des passagers profitent d’un voyage gratuit pour leur retour à la maison.

La dynamite n’a plus de secret pour Émile (1913-1981) qui la manipule avec dextérité. Marie-Rose (1909- ) demeure dix ans dans la maison paternelle pour s’occuper du commerce à titre de secrétaire. Après son mariage à Armand Gélinas, elle garde sa mère (1880-1969) pendant dix ans, puis ouvre un foyer pour personnes âgées qu’elle opère pendant 29 ans.

Quant à Edmond (1920-1990), l’héritier de la terre d’Élie, il sera éleveur et commerçant de chevaux et de machines agricoles. Il élève 80 chevaux pour l’urine dont la compagnie Ayers Mécano fait la pénicilline.

Ce commerce de pierre de recouvrement est presque centenaire maintenant. Depuis 1982, c’est Jean, fils d’Édouard qui en est le propriétaire et l’opère sous la raison sociale Les Entreprises Élie Grenier inc. au 2912 avenue de la Montagne.

En honorant la mémoire d’Élie Grenier, c’est la vie de cinq générations de Grenier que nous mettons en évidence et le rappel des pionniers du développement de St-Boniface, de la Baie-de-Shawinigan et de Glenada, maintenant Shawinigan-Nord ou St-Charles-Garnier.

1 Le mot GLENADA semble être apparu la première fois pour désigner la petite gare qui existait autrefois à Shawinigan-Nord, pour la voie ferrée du Grand-Nord (plus tard le C.N.R.). La version la plus sérieuse qui soit connue veut que le nom ait été formé du mot anglais Glen (vallon) et du prénom Ada, celui de l’épouse d’un directeur du Grand-Nord.

Sources : A propos de Saint-Boniface, 125 ans, 1859-1984

Paroisse Saint-Charles-Garnier, un demi-siècle, 1949-1999

Gélinas, Cyrille, Histoire de Baie-de-Shawinigan, Shawinigan 2004

Recherches : Omer Lemay, le 8 novembre 2008


Date de création : 06/12/2015 @ 20:43
Catégorie : Mémoires Revisitées - En hommage à ...