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Généalogie

2e curé de Saint Théophile-du-Lac (1916-1921)

Un curé remarquable et inoubliable, l’abbé Joachin Caron. Il exerça son ministère à la paroisse Saint-Théophile-du-Lac, pendant les deux grands fléaux qui frappèrent le monde : la guerre de 1914-1918 et la grippe espagnole.

La guerre 14-18, qui fit des milliers et des milliers de morts. Le gouvernement Borden avait imposé la conscription. Au Lac, les jeunes conscrits refusèrent de s’enrôler. En chaire, le curé Caron leur avait dit : « Venez déposer vos photos au pied de la statue du Sacré-Cœur et soyez sans crainte. »  Ce qui fut fait, et pas un, ne fut pris par la police militaire. Pourtant, c’est jour et nuit que l’on visitait les foyers pour se saisir des fuyards.

La grippe espagnole en 1918, à la fin de la guerre. En l’espace de quelques mois, la grippe frappa près de la moitié de la population du globe et fit plus de vingt millions de morts, plus que la guerre elle-même. Le petit village du Lac ne fut pas épargné.

Deux personnes se sont principalement signalées durant cette épidémie. Le docteur A. Colin et le curé Joachin Caron. Le docteur Colin, dévoué et désintéressé visitait les malades jour et nuit. Aux malades qui voulaient le payer, il répondait : « Commencez par guérir, après on en reparlera. »

Le curé Caron s’est dévoué corps et âme, semant partout la confiance. Un après-midi, le docteur Colin arrive chez nous pour une visite. Il prend la température de tous les enfants alités. Après avoir examiné ma mère, il dit à mon père : « Je vais vous envoyer le curé Caron, votre épouse ne passera pas la nuit. » Une demi-heure après, le curé Caron arrive, il nous bénit tous et donne à la malade l’extrême onction. Le curé sort, mais une fois sur le perron, il revient et va voir ma mère, et lui dit ; »vous êtes bien soumise à la volonté de Dieu, mais vous n’auriez pas une faveur à demander ? Ma mère lui dit : «  Oui, j’aimerais bien élever tous mes enfants qui sont là. »

Une fois sorti, le curé se rend à l’église avec celui qui le conduisait. À l’autel de la Saint Vierge, il dit à son compagnon : « Prions, il ne faut pas que cette femme meurt. » C’est le charretier, M. Wilson Dubois, qui nous a raconté la scène. Le lendemain, le docteur Colin fait sa visite et trouve ma mère guérie. La fièvre est complètement disparue. Et le docteur de dire : «  Je vois que Caron est passé. » Ce curé avait la réputation d’un « Saint ».

Les écoles étaient fermées. Le curé Caron, pour venir au secours des familles éprouvées par la grippe, a fait appel à toutes les femmes et jeunes filles libres, leur promettant au nom du Sacré-Cœur, que pas une ne serait victime de la maladie. Encore une fois, la prière du pasteur fut exaucée.

Chez nous, c’est une religieuse, Fille de Jésus, une Bretonne, sœur Saint-Gervais qui est venue à notre aide. Elle s’est dévouée pendant une semaine. Avec du bon bouillon de poulet, elle nous a vite ravigotés.

Le curé Caron est décédé en 1921, victime de son dévouement. Pendant plusieurs années, des paroissiens ont fait célébrer des messes d’Action de grâces, pour faveur obtenue par l’intercession du Curé Caron.

J’ai été témoin de ces événements et j'en garde un impérissable souvenir.

Montréal, le 30 décembre 1991.

Père Hector Matton, O.M.I.

Tiré du volume Centenaire Saint-Théophile de Lac-à-la-Tortue.1994

Recherches: André-Jean Bordeleau.


Date de création : 06/12/2015 @ 19:10
Catégorie : Mémoires Revisitées - En hommage à ...